Noël : table pleine, coeur vide ?

Ma résolution 2026 : devenir Père Noël.


Chaque année, dès que décembre pointe le bout de son nez, on me parle de Noël comme d’un moment magique : les familles réunies, les sourires, les cadeaux, les tables qui débordent de plats. Et je comprends, vraiment. Pour beaucoup de mes amis, c’est LE moment où tout le monde se retrouve, où on oublie les galères de l’année pour trinquer ensemble.


Mais moi, depuis tout petit, j’ai toujours eu l’impression qu’il y avait autre chose derrière cette belle image. Quelque chose de plus discret, parfois de plus lourd. Parce que pour certains, Noël n’est pas une fête : c’est un poids. J’imagine ces personnes seules devant leur télé, à regarder des films de Noël qu’elles ne ressentent même pas, se demandant ce qu’elles font là, un 25 décembre à 22 h. La solitude, ça ne prévient pas. Elle peut tomber sur n’importe qui un jeune comme moi, ou nos grands-parents qui ont tout donné pour leur famille.


Je pense souvent à eux, nos aînés. J’ai vu des papys et mamies qui, après quarante ans de vie commune, se retrouvent du jour au lendemain à réveillonner seuls. Quarante ans à partager les cafés, les disputes, les rires… et puis un matin, plus rien. Le silence. Je crois qu’il n’y a rien de plus dur que ça.


Pourtant, je ne veux pas dire que Noël en famille, c’est nul. Loin de là. J’envie parfois mes potes qui ont leurs cousins, leurs oncles, leurs vingt personnes autour de la table. Mais soyons honnêtes : derrière les sourires et les « Joyeux Noël ! », il y a souvent un peu d’hypocrisie. On se force à être sympa avec l’oncle qu’on ne supporte pas, on rit aux blagues de la tante pour éviter les malaises, on dit que tout va bien alors qu’on ne s’est pas parlé depuis un an. C’est beau sur les photos Facebook, mais à 23 h, quand les masques tombent, ça finit parfois en silences gênés ou en disputes à peine contenues.


Oui, il y a une chaleur dans ces moments-là, mais pas toujours celle du cœur. Parfois, c’est juste la chaleur de l’habitude ou du devoir. Et c’est ça qui m’énerve.


Moi, je n’ai jamais connu les grands Noëls bruyants. Chez nous, on était trois : mes parents et moi, fils unique. Et tu sais quoi ? J’adorais ça. Pas besoin de vingt personnes pour que je me sente bien. Nos Noëls étaient simples, souvent au soleil quelque part, parce que ma mère adorait voyager. Je me souviens des têtes étonnées au collège : « Sérieux ? T’as fait Noël juste avec tes parents ? » Bah ouais. Et c’était parfait.


Ce qui me gêne, c’est qu’on nous fait croire qu’il n’y a qu’une seule bonne façon de passer Noël. La grande tablée, sinon c’est raté. Mais si je suis heureux à deux ou trois autour d’une petite table, où est le problème ? Pourquoi on devrait tous rentrer dans la même pensée commune ?


Alors voilà ma réflexion : Noël, ce n’est pas une recette. Il y a des Noëls qui chantent, des Noëls qui pleurent, des Noëls à vingt ou à deux. Et c’est très bien comme ça. Ce qui compte, c’est d’être sincère. D’être avec les gens qu’on aime vraiment, ou même simplement avec soi-même, si ce soir-là c’est tout ce qu’on a.

Juste pour le petit classique… ⤵️

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